Étudier à Montréal : ce que les familles françaises doivent savoir
Dix ans à Montréal m'ont appris ce que les brochures ne disent pas. Système, coûts, démarches, vie sur place : le guide honnête pour les familles qui envisagent le Québec.
Par Jessica Afonso · vendredi 14 août 2026

J'ai vécu dix ans à Montréal. J'y ai étudié, travaillé, et accompagné de nombreuses familles françaises dans leur installation. Le Québec est une destination d'études formidable, mais on y va souvent avec des idées reçues. Voici ce que je dis aux parents qui m'en parlent lors de nos appels.
Le système d'études n'est pas le système français
C'est le premier point à intégrer. Au Québec, après l'équivalent de la seconde, les élèves entrent au cégep pour deux ans (formation préuniversitaire) ou trois ans (formation technique). Ensuite seulement vient l'université, avec le baccalauréat (trois ou quatre ans, l'équivalent de notre licence), puis la maîtrise et le doctorat.
Pour un bachelier français, le bac permet en général d'entrer directement à l'université, souvent avec une année préparatoire ou des cours d'appoint selon la filière. Chaque université applique ses propres règles d'équivalence : il faut vérifier au cas par cas.
Les grandes universités montréalaises
- Université de Montréal (UdeM) : francophone, très large offre, réputée en sciences, santé, droit.
- McGill : anglophone, réputation internationale, exigeante à l'admission.
- Concordia : anglophone, très forte en arts, cinéma, communication, gestion.
- UQAM : francophone, accessible, forte en sciences humaines, communication, design.
- HEC Montréal et Polytechnique : écoles affiliées à l'UdeM, respectivement en gestion et en ingénierie.
Le choix entre francophone et anglophone n'est pas anodin : il conditionne le quotidien, le réseau et souvent le premier emploi.
Le coût réel
C'est là que les familles ont le plus de surprises. Grâce à une entente entre la France et le Québec, les étudiants français bénéficient de frais de scolarité réduits par rapport aux autres étudiants internationaux, surtout au niveau du baccalauréat. Les montants exacts évoluent chaque année, à vérifier sur les sites des universités.
Mais les frais de scolarité ne sont qu'une partie du budget. Il faut compter :
- Le logement, dont les prix ont beaucoup augmenté à Montréal ces dernières années.
- L'assurance santé obligatoire pour les étudiants internationaux (les Français ont un régime particulier via l'entente, mais des démarches sont nécessaires).
- Le permis d'études et ses frais.
- La vie courante, le transport, les billets d'avion pour rentrer.
Un budget annuel réaliste se construit poste par poste. Je le fais avec chaque famille que j'accompagne sur ce projet.
Les démarches, dans l'ordre
- L'admission dans une université québécoise, avec des dates limites souvent plus tôt qu'en France (février ou mars pour la rentrée de septembre).
- Le CAQ, le certificat d'acceptation du Québec, à demander une fois admis.
- Le permis d'études canadien, à demander une fois le CAQ obtenu.
- L'assurance et l'ouverture des droits à la santé sur place.
- Le logement, à sécuriser avant le départ dans la mesure du possible.
Chaque étape dépend de la précédente, ce qui rend le calendrier serré. Une famille qui commence en janvier pour septembre est dans les temps, une famille qui commence en mai prend des risques.
Ce que personne ne dit
- L'hiver est long, mais bien mieux vécu que ce qu'on imagine, car la ville est organisée pour.
- La culture de travail est différente : plus d'autonomie, plus de travail en groupe, un rapport plus direct avec les professeurs.
- Le réseau se construit vite, à condition de sortir de la communauté française.
- Le retour en France doit être anticipé si le jeune veut faire reconnaître son diplôme ou poursuivre en master ici.
Pour qui est-ce une bonne idée ?
Pour un jeune autonome, ouvert, capable de s'organiser seul, et qui a un projet cohérent avec l'offre québécoise. Pour un jeune qui fuit simplement le système français sans projet, l'expérience peut être difficile. C'est exactement ce que l'on clarifie dans un accompagnement : le projet d'abord, la destination ensuite.
Et si on en parlait ?
Chaque situation est unique. Si vous voulez un premier avis sur la situation de votre enfant, je propose un appel découverte gratuit de 20 minutes, sans engagement. On fait le point ensemble et je vous dis franchement ce qui me semble utile.


